À une vingtaine de kilomètres de Saint-Omer, au coeur de la forêt d’Eperlecques, se dresse l’un des ouvrages en béton les plus imposants d’Europe : le blockhaus d’Eperlecques. Cette forteresse aux murs de sept mètres d’épaisseur fut construite en 1943 par l’organisation Todt pour servir de base de lancement et de production de fusées V2 destinées à Londres. Elle est aujourd’hui classée monument historique et ouverte au public.
L’histoire du projet le plus secret de Hitler
La décision de construire le blockhaus d’Eperlecques fut prise en 1943, lorsque les ingénieurs nazis cherchèrent un site capable d’abriter simultanément la production de carburant liquide pour les V2 et leur lancement en direction de l’Angleterre. Le bâtiment devait initialement mesurer 100 mètres sur 75, avec une toiture de sept mètres d’épaisseur pour résister aux bombardements. Des milliers de prisonniers de guerre français, belges, polonais et soviétiques furent contraints de travailler sur le chantier dans des conditions inhumaines.
Les bombardements alliés : la fin du projet
Identifié très rapidement par les services de renseignement alliés, le blockhaus fut la cible de nombreux raids de la Royal Air Force à partir de l’été 1943. Les bombardements, notamment ceux utilisant les nouvelles bombes de 5,4 tonnes dites « Tallboy », parvinrent à dévier la structure de béton armé de plusieurs mètres. Les travaux furent finalement arrêtés en 1944 : le projet ne fut jamais achevé ni opérationnel. C’est précisément cet inachèvement qui rend le site si fascinant à visiter.
La visite aujourd’hui
Le blockhaus d’Eperlecques est ouvert au public d’avril à novembre. La visite libre ou guidée permet d’explorer l’intérieur de l’ouvrage, avec ses galeries, ses salles de production et ses dispositifs de lancement. Une exposition permanente retrace l’histoire des armes secrètes nazis (V1, V2) et le contexte de la Bataille d’Angleterre. En sortant du bunker, un parc arboré permet de visualiser depuis l’extérieur les gigantesques volumes de l’ouvrage et les cratères laissés par les bombes alliées, encore visibles dans la forêt. Site complémentaire à La Coupole d’Helfaut, plus proche de Saint-Omer, qui narre la même histoire sous un angle différent.



